Pour mon anniversaire, mon mari m’a offert un stage de deux jours sur la confection d’un corset. Deux jours intenses car je tenais absolument à finir mon corset dans les temps. J’ai effectué ce stage à l’atelier des Vertugadins situé à Ivry-sur-Seine mais ce stage demande tout de même quelques notions de coupe à plat et un bon niveau en couture sinon, évidemment on met deux fois plus de temps pour faire un corset et ça peut vite en décourager plus d’un !

Le corset c’est vraiment un monde à part, des techniques et des spécificités dont je ne me doutais pas ! Là encore, ça ne s’improvise pas et ce serait vraiment dommage d’apprendre l’art de la corsetterie à travers les livres. Un prof qui vous accompagne et qui vous montre les bons gestes ça n’a pas de prix ! Enfin un peu quand même car le stage m’a couté 190 euros, fournitures non comprises. Mais à refaire je le referai tout de suite car j’ai énormément appris et découvert de nouvelles techniques ! D’ailleurs l’atelier propose également d’autres stages à thème : crinoline, travail du cuir et autres projets personnalisés.

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Côté fournitures, l’atelier propose tout sur place à des prix tout à fait raisonnables. J’ai tout de même anticipé certains achats comme le tissu extérieur, la doublure et la toile à corset appelée aussi coutil.

Je vais vous présenter les étapes principales de la confection d’un corset mais sans rentrer dans les détails, ce serait bien trop long ! Je suis partie d’un patron de base existant qu’il a fallu mettre à mes mesures. Il s’agit d’un corset victorien daté de 1860. Le corset est assez simple car il n’ y a que 12 découpes.

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Après avoir fait les modifications nécessaires sur le patron : j’ai ajusté le patron à mes mesures et j’ai notamment ajouté un peu de matière vers le haut car je souhaitais un corset un peu plus couvrant pour la poitrine. J’ai ensuite découpé le patron dans la toile à corset afin de procéder à un premier essayage. Les épingles que j’avais apportées ont toutes cassées tellement la toile est épaisse. Il faut donc des aiguilles spéciales et de la force pour épingler le patron sur deux épaisseurs de toile ! Chaque pièce est numérotée, ça évitera par la suite bien des déconvenues !

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Voici le premier essayage, on procède à un premier ajustement de la toile, l’envers sur l’extérieur. Pour simuler la fermeture du corset, on coud à grands points sur le milieu dos des fausses pattes à œillets.

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On reporte les modifications sur la toile et sur le patron et quand tout nous parait correct, on retire toutes les coutures en déchirant carrément sur les couture d’assemblage (la toile ne se déforme pas, that’s incredible !) : cette toile devient mon nouveau patron ! Je place chaque pièce de la toile sur mon tissu extérieur et sur la doublure. C’est plus rapide car on n’a plus à ajouter les valeurs de couture !

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C’est maintenant que la partie technique du corset arrive. On assemble chaque pièce du patron du tissu extérieur sur celles de la toile à corset, on appelle ça faire un aplat. J’ai ensuite cousu chaque pièce les unes aux autres à la piqueuse plate, ça m’a rappelé les épreuves pratiques du CAP couture flou ! C’est assez déroutant au début car ça coud à une vitesse fulgurante mais on arrive ensuite à bien l’apprivoiser !

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Contrairement à ce qu’on fait d’habitude, on place les épingles sur les lignes d’assemblage (donc verticalement) sinon, le tissu bouge et on perd on exactitude.

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Voici un aperçu de l’espace consacré aux machines. Au premier plan on aperçoit les baleines en acier que l’atelier vend au mètre.
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Le corset commence à prendre forme, on procède à un nouvel essayage, j’ai en ce qui me concerne redessiné les courbes du haut et du bas du corset. L’étape repassage est évidemment très importante. L’atelier dispose d’un presse ce qui change vraiment de nos fers à repasser traditionnels et on utilise un « cochon » pour repasser les courbes !

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J’ai ensuite posé sur chaque valeur de couture un ruban de sergé qui servira de couloir/coulisse pour les baleines. En ce qui concerne les baleines, j’ai utilisé des baleines plates en acier de 0,7 cm. Il a fallu les couper avec une pince à la bonne longueur pour chaque couloir (là aussi il faut numéroter chaque couloir et chaque baleine !).

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Une fois coupées, il faut limer et arrondir à la Dremel tous les embouts. Je n’aurais jamais pu faire ça chez moi !

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On insère ensuite chaque baleine dans sa coulisse et on vient coudre la doublure en laissant ouvert le milieu devant et le milieu dos puis on retourne le tout sur l’endroit.

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Vient ensuite la pose des œillets avec la machine à œillets, c’est magique ! Mais là encore, je n’ai pas cette machine à la maison… Je sais toutefois que je peux maintenant me rendre chez Mireille Boutonnières pour la pose notamment des oeillets, j’en parle ici.

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Pour le busc, qui est placé au milieu devant, l’atelier n’avait plus en stock de busc à la bonne longueur pour mon corset. La prof a donc fait un peu de « bricolage » pour simuler un busc entier. Une fois le busc posé, les finitions ont été faites mains et ça m’a pris un temps fou pour refermer le corset (il doit certainement y avoir une autre solution…)

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J’ai ajouté un galon en plastique (à la main…) au niveau de la taille et du milieu devant.
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Place aux photos à présent !

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